Les jeunes de nos jours sont tiraillés entre les plaisirs de la vie et la cherté de cette dernière. Diplômés ou pas, tous ont ce souci de pouvoir subvenir à leurs besoins. Mais avec quel argent ??

Un budget de plus en plus serré

La première source d’argent pour un jeune tunisien, diplômé ou pas, se résume à ses parents, sachant que la bourse pour les étudiants qui en ont le droit en particulier reste dérisoire.  Tous les parents n’ont pas les moyens de répondre à leurs demandes. Les jeunes d’aujourd’hui  ont besoin de se retrouver autour d’un café, d’autant que les salons de thé deviennent de plus en plus attractifs, alimenter leur solde de téléphone et/ou celui d’Internet, sans parler des sorties en boites de nuit, cinéma, théâtre, stade, excursions…  Déjà qu’entre frais de transport et dépenses quotidiennes uniquement, les parents arrivent à peine à assumer.

 Il semble que le jeune Tunisien, qui devient de plus en plus dépensier avec le temps, a trouvé une solution momentanée, celle de recourir à de petits métiers selon ses dispositions. Quels sont les choix auxquels il est confronté ?

Des choix multiples … mais difficiles

Les plus futés d’entre eux, semble-t-il, tirent leur épingle du jeu à travers Internet, rien qu’en pratiquant des petits commerces sur les sites appropriés (vêtements, électroniques, articles de sport). Les plus studieux donnent des cours supplémentaires en passant par les annonces ou leur entourage. Les plus imaginatifs et peut-être sportifs organisent des excursions payantes. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard que nous voyons se multiplier sur Internet les groupes de randonneurs, ce qui n’est pas sans bénéfice pour le tourisme écologique. Certains se suffisent en servant dans un restaurant ou dans un café mais admettons-le, c’est loin d’être aussi pratique qu’en Europe ou ailleurs, pour le peu de rémunération qu’ils en tirent peut-être. Garder des enfants pour autrui, faire le ménage et faire le jardinage ne sont pas des pratiques courantes. Quelques passionnés de musique rentabilisent bien ça en faisant le DJing dans des soirées privées et dans les boites de nuit pour les plus chanceux d’entre eux. Un métier original est apparu chez nous depuis un certain nombre d’années, celui d’attirer les gens à partir d’un carnet d’adresses personnel ou les réseaux sociaux vers certaines soirées. D’autres s’engagent provisoirement à être des représentants de marque, des agents de promotion ponctuelle ou de simples hôtes/hôtesses dans les foires, réceptions ou grandes surfaces.

Le plus gros est pour la fin, une grande majorité de jeunes étudiants ou autres se dirigent vers les centres d’appels. Ces derniers absorbent une grande masse de demandeurs d’emploi et rendent service à ceux qui veulent y faire carrière ainsi qu’à ceux qui cherchent uniquement à se faire dépanner.

Vers des solutions structurelles ?

Les occasions de pratiquer un petit métier existent mais ces métiers là ne sont toujours pas suffisamment rémunérés pour répondre aux besoins de ces jeunes qui sont en quête permanente d’une source d’argent. Cependant, ce problème relève du rôle de l’Etat car il devrait prendre des mesures pour aider les jeunes à vivre au quotidien telles que réduire les tarifs de transport pour les jeunes, multiplier les restaurants universitaires et augmenter les bourses pour les étudiants..

Malek Jomni, étudiante en deuxième année Licence Appliquée en Droit Public à la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis.

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