Connaitre qui l’ont est vraiment, est ce qu’il y a de plus difficile à faire ; car ceci revient à identifier qui nous sommes, quelles sont nos limites, de quoi nous sommes capable, mais surtout comment parvenir à cela.
Tout d’abord, nous avons besoin de sortir de notre cocon, à savoir notre famille, nos amis, l’environnement dans lequel nous vivons. Pour ce faire, il y a mille et une solutions, toutes ou presque vont à un rythme plus ou moins long, ce qui aboutit à une forte probabilité de ne jamais connaitre sa vraie limite, sa capacité à s’adapter, son degré de sociabilité.
Dans un environnement qui évolue peu chaque jour, on risque la stagnation, ce qui revient à dire, ne jamais aller ou même tenter d’aller au-delà de soi-même.

Notre société a bien souvent du mal à accepter le changement, déstabilisateur de première, et menace d’une réforme de fond.

Cette restructuration ne provient que d’une conscience bien mûre qui se construit petit à petit.

Et si je vous disais que cela était possible à tout moment, que tout est possible et réalisable !

Tout ceci se vérifie à trois conditions : être ouvert d’esprit, être flexible et avoir la rage de tout vouloir connaître.

Si vous êtes prêts, j’aimerais vous emmener sur une aventure que ces quelques lignes que je vous offre, ne la décrirons jamais assez, tellement…

Je vous emporte avec moi.

Nous sommes l’été 2015. Pour la première fois de ma vie, j’avais eu le droit à un cadeau fort spécial mais aussi fort désiré. Je pouvais aller où je voulais, ou presque.
Je n’avais jamais été intéressée par les distances les moins longues. Je voulais partir bien loin.
Je voulais visiter Cuba, pays exceptionnel de par ses richesses, son Histoire, sa population mais surtout son système politique de moins en moins répandu dans le monde. Mais le billet coûtait trop cher.
Je ne voulais surtout pas abandonner. «  Je vais être flexible, me raisonnais-je. L’Amérique latine un autre jour. »

J’avais cherché sur Internet « les plus beaux paysages au monde ». Il y avait la Chine, le Japon, mais surtout l’Indonésie… Ce qui allait devenir peu après mon deuxième Chez-moi.
Pour rassurer les parents, j’avais choisi d’être volontaire le temps de mon séjour, dans le cadre d’une association. « Le cadre de … », ce mot qui rassure tant les parents.

Je suis partie toute seule, aucun ami, aucun proche, personne. J’allais à la conquête du monde.

Je regardais, les nuages éparpillés tels du coton et m’interdisais de croire que c’était un rêve.
« Je jetais tout mon passé par le hublot, et respirais une nouvelle vie. »

Rien n’allait être pareil.
J’avais atterri à 22h. Je m’étais déjà fait deux amis : une belge et un nigérien. En arrivant, je m’étais souvenue que j’avais oublié de contacter ceux qui étaient responsables du projet dans lequel j’étais volontaire.
Je n’avais nulle part où dormir, je ne savais pas comment y aller.

J’étais plus ou moins coincée. Mais j’avais deux amis en ma compagnie.
Nous sommes allés prendre un bon chocolat chaud dans l’un des cafés de l’aéroport Jakarta Soekarno-Hatta. Je comptais aller à l’hôtel avec eux le temps que je sache quoi faire, lorsque je me suis souvenue avoir laissé ma boîte Mail ouverte sur l’ordinateur de la maison. C’est là que je contactais ma sœur qui était, par miracle, encore éveillée. Je lui demandais de me fournir les coordonnées des responsables du projet.
Lorsque j’appelais par la ligne du nigérien, la fille, à l’autre bout du fil, ne comprenait pas que je pouvais être une fille, et ne savais même pas quand j’allais arriver, chose que j’avais oubliée de mentionner. Elle m’indiqua que je devais prendre le bus pour venir.

Il était déjà presque minuit quand j’avais quitté mes amis au café de l’aéroport pour aller prendre le bus.
J’avais demandé à des gens là-bas, qui m’avaient été d’une aide que je n’oublierais sans doute jamais.
J’avais pris le bus. Le trajet avait duré une heure et quelque. J’avais tout, sauf peur.

Je descendis avec mes valises et m’apprêtais à quitter la gare. Il faisait sombre. La nuit était tiède mais humide. J’avançais lentement à cause du poids de mes bagages. Lorsque je fûs soudainement interloquée par un jeune homme :
« Hey ! Êtes-vous Yosra ?
– Oui, avais-je répondu.
– Venez avec moi. Mon nom est Uli, et je suis votre EP Buddy. »

Il était vraisemblablement l’un des responsables. Mon «  EP – Exchange Participant- Buddy », celui qui était chargé des stagiaires comme moi.

Je m’exécutais. Il m’avait débarrassée de mes bagages en les mettant dans la male-arrière de sa voiture. Je suis montée, et j’avais trouvé deux autres garçons.
« Des stagiaires, comme moi, avais-je pensé. » Et je m’étais fiée à mon instinct.

Nous discutâmes, et ce que j’avais pensé s’était confirmé. Ils étaient tous les deux égyptiens et étaient arrivés deux jours auparavant pour enseigner l’anglais ici, comme moi.
Nous sympathisâmes tout de suite. J’étais arrivée à mon nouveau « Chez-moi » vers 1h30 du matin.

J’étais si fière de moi. Je n’avais pas eu peur ne serait-ce qu’un petit instant. Et mon aventure commençait tout de suite.

J’avais veillé tard à discuter avec mon nouvel ami égyptien, dans la réception.

Et vu le décalage horaire, je ne pus dormir. J’étais alors sortie de ma chambre, parcourus le couloir pour arriver au hall.
Je m’assis à la grande table et essayais de me connecter pour voir si on avait essayé de me rejoindre.
Entre temps, ma mère se faisait un sang d’encre, car elle n’avait pas eu de mes nouvelles depuis presque deux jours, vu la durée du trajet, le décalage horaire et mon ordinateur qui ne voulait pas se connecter… Uli, grâce à son téléphone, lui envoya ma photo instantanément.

Je n’avais pu retrouver Morphée qu’à l’aube. En me réveillant, tout le monde au dortoir « Asrama Internasional IPB », était parti.

Il m’était inconcevable de rester chez moi. J’enfilais quelques vêtements et partais en exploration des lieux. Je vivais sur un campus universitaire, le second plus large de l’Indonésie.
Je partais dans le sens opposé par lequel j’étais arrivée la veille. Cela me plaît de toujours partir vers l’inconnu. Le campus Institut Pertanian Bogor était au cœur d’une forêt immense aux arbres dont la crête semblerait effleurer les nuages. La variété des plantes, l’étendue de verdure me fascinait.

Il n’y a rien de plus beau dans la vie que de se ressourcer de la nature.

J’entamais ma route, allais tout droit, mais n’avais aucune idée d’où j’allais, et c’est là que résidait tout le charme.

Je remarquais que le soleil commençait soudainement à disparaître. Il allait bientôt commencer à faire noir, j’étais très loin du dortoir et n’avais aucune idée d’où je pouvais me trouver.

Devant moi, derrière moi, il n’y avait que la forêt parcourue par des étudiants qui rentraient précipitamment avant la tombée de la nuit.

Je ne pouvais m’arrêter, déterminée à savoir ce qu’il y avait par ici. S’il y avait une route, c’est qu’il y avait quelque chose au bout que je ne tarderais pas à découvrir.

Je continuais mon chemin malgré l’obscurité qui gagnait de plus en plus de terrain.

Et là, j’aperçus un portail. J’avais pénétré la propriété par la petite entrave. J’étais assoiffée. Je leur avais demandé à boire. Ils ne comprenaient pas ce que je disais. Je mimais. Je fus ainsi servie un verre d’eau.

J’étais contente. Je l’engloutis d’un coup sauf que l’eau était chaude. Ils avaient sans doute pensé que je voulais me laver les mains. Mais cela importait peu. Je les remerciais.
Puis je revenais et demandais comment je pouvais rentrer.
Puisqu’ils étaient des adultes et travaillaient dans la cuisine, avais-je deviné, ils appelèrent de jeunes gens avec qui je pouvais enfin causer.

Ils m’expliquèrent que je me trouve bien loin du dortoir et qu’ils ne me laisseraient pas partir seule. L’un d’eux se proposa de me raccompagner. Nous discutâmes beaucoup…
Des Chevaux traversèrent majestueusement la grande cour. Je ne savais pas encore où j’étais exactement. C’est alors qu’on m’expliqua que j’étais dans l’université vétérinaire, et que c’était le ranch du campus IPB, où on pratiquait également l’équitation. Ma passion, mon sport favori !

J’habitais près d’un club équestre, que rêver de plus !
Ils m’avaient invitée à monter avec eux. Je ne pouvais être plus heureuse.
Moi, à qui on reprochait  souvent de ne pas être assez sociable, m’étais encore fait de nouveaux amis, dont un, Viktor, me conduisit chez moi avec sa moto.

Lorsque j’étais rentrée, je racontais ma journée à mes amis du dortoir, les deux égyptiens, un portugais, deux chinois et les responsables du projet. Certains écarquillaient des yeux, d’autres me mettaient en garde contre des risques que je trouvais fort banales… à mes yeux, tout ce qui importe est de découvrir le plus possible, qu’importe le risque ; car lorsqu’il est bien calculé, il n’y a pas de danger.

C’est ainsi qu’avait commencé mon aventure.
Mais ce ne fus que ma première journée. Le meilleur restait à venir.

Indonésie, archipel comptant entre treize mille îles et quinze mille îles, on n’était pas sûr du compte. Et ceci s’annonçait bien car je n’avais qu’un objectif en tête : conquérir le plus d’endroits possibles. Or même si on était un de ses habitants permanents, on était incapable de la connaitre entièrement.

Yosra Kourda : Étudiante en deuxième année Licence Fondamentale de droit Public à la faculté des Sciences Juridiques Politiques et Sociales de Tunis.

 

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