Il le regarda faire sans dire un mot. L’autre serrait maintenant encore plus fort.

Il tint la ceinture serrée autour de son cou, essayant d’inhaler autant d’air qu’il pouvait. Ses yeux se remplissaient de larmes. Son visage rivait du rouge vers le bleuet…

Il le suppliait du regard, tandis que l’autre s’extasiait de le voir gigoter entre ses mains.
« C’est ma fin, il ne me lâchera jamais… ».

Les images défilaient devant ses yeux comme un film : de vieux souvenirs, des personnes auxquelles il tient beaucoup dont ses parents qui l’aiment tant mais qui n’avaient encore rien pu faire contre ses racketeurs…

Dans ce qu’il subissait, l’administration de l’école était pour beaucoup, si passive et indifférente face à ses plaintes qu’elle savait vraies… Pourtant tout se passait à quelques mètres de l’établissement scolaire auquel ils se rendaient.

Il se retrouvait ainsi seul, incompris, jamais écouté. Il avait alors choisi le silence.

Et il n’était pas le seul. Bien d’autres enfants sont flétris, comme lui, tous les jours ou presque. D’autres sont brutalisés, verbalement ou physiquement par leurs parents. Et il y a ceux qui sont harcelés moralement par leurs instituteurs à l’école.

Car garder le silence est une participation indirecte à la propagation de ce genre de fléau psycho-social, et même le simple fait d’associer cela au « normal », de le banaliser, contribue au fait que bien d’autres personnes vont subir le même sort.

Mais beaucoup sont inconscients des dangers auxquels sont confrontés les enfants, beaucoup ignorent de quoi il s’agit, et c’est ainsi que beaucoup sombrent dans la dépression, la délinquance et bien d’autres maux aussi bien psycho que sociaux.

Ce mal psycho-social, n’est autre que la stigmatisation. Il s’agit, comme nous avons pu le comprendre, du fait de flétrir ou blâmer avec dureté quelqu’un mais publiquement.

Pour revenir aux causes de la stigmatisation, on conviendrait qu’elles sont bien plus graves que l’on pourrait penser et parfois d’origine psychopathologique, dans le sens où les personnes qui font subir aux autres ce genre de tort, pourraient, eux-mêmes , avoir subi le même sort. Ce qui expliquerait le fait qu’ils reproduisent cela d’une manière automatique et parfois même inconsciente.

Cela pourrait paraître quelque fois tordu, mais l’exemple qui illustre le mieux la gravité de la stigmatisation, est celui d’Adolf Hitler.

En vérité, ce tyran était un enfant, non seulement brutalisé mais aussi violé par son propre père. Or le père est censé représenter l’idole pour son enfant. L’idole d’Hitler était tout sauf humain, ce qui avait abouti à en faire ce qu’il était devenu.

Dans le même sens et de manière plus générale, les enfants stigmatisés dès leur plus jeune âge développent de nombreuses anomalies.  Certains vont se réfugier dans la peur, manquant ainsi de confiance en eux et leur vrai potentiel ne verra jamais le jour. D’autres vont reproduire ce qu’ils ont subi plus tard dans la vie, et peuvent virer vers la délinquance.

Dans tous les cas, le résultat est chaotique aussi bien pour la société, inhibée de quelque développement qui soit, que pour les individus eux-mêmes, marqués à vie si jamais ils ne se prenaient pas en charge.

Les spécialistes sont là pour aider. Les dégâts sont réversibles. Les solutions existent.

Mais la plus importante de toutes reste la prise de conscience.
Une prise de conscience collective suffirait pour que la société se mobilise et éradique la stigmatisation. On en est conscient donc on en parle, on se renseigne et on agit.

STAY TUNED !

STIGMA FREE is coming !

 

Yosra Kourda

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