Dire qu’on est amoureux aujourd’hui, est une bonne nouvelle. C’est ce qui crée une fraternité énorme chez les êtres humains et c’est ce qui rend cette vie et ce monde qui se caractérisent d’un obscurcissement extrême, plus simples et plus aimables. Mais personne d’entre nous n’a osé chercher et analyser l’amour en tant que concept, analyser ses manifestations et son évolution qui est accouplée d’une évolution sociale et humaine, les philosophies qui ont analysé l’amour…

Alors l’analyse de ce concept s’inscrit dans le cadre d’une recherche ontologique voire axiologique qui vise les valeurs fondamentales de la société moderne. Mais le problème qui se pose c’est que nous vivons un phénomène abstrait qu’on n’arrive jamais à définir ou même à comprendre son but et son fonctionnement, son essence et son origine, son fondement et son étymologie. La société a joué un rôle énorme pour qu’on acquière cette valeur dont elle la qualifie comme ‘humaine’ mais elle n’a jamais l’analysé, on entend tous entrain de sacraliser l’amour d’une façon exagérée sans comprendre son essence. Ceci pose aussi un autre problème philosophique qui est la relation avec l’autre et son fondement. Alors comme je l’ai dit toute à l’heure, l’étude analytique et archéologique de la notion d’Amour passe par deux phases, c’est une étude ontologique qui vise à analyser l’Homme et les manifestations de soi, et, est axiologique qui vise à analyser les valeurs de la société moderne et son évolution.

En revenant à la philosophie, on trouve que l’amour est souvent décrit comme un sentiment dont il faut se méfier mais souvent décrit comme une valeur idéale et divine, c’est-à-dire il y a des philosophies et en vérité, ce sont les plus nombreux, qui valorisent l’amour. En fait, les grecques pensent que l’amour est une tentative de réparation d’où Aristophane voit que les humains (qui ressemblaient à l’origine à des sphères dotées de tous les attributs des deux sexes) ont été coupés en deux à la suite d’une prétention qui leur a valu la colère des dieux. Alors l’amour est la recherche de fusion, de réparation d’une unité première, la recherche de l’âme-sœur dont la rencontre doit assurer notre bonheur. C’est l’amour avec un grand A comme nous dit André Comte-Sponville.

Descartes, note que l’amour est bon pour la digestion : « Je remarque en l’amour […] que le battement du pouls est égal et beaucoup plus grand et plus fort que de coutume ; qu’on sent une douce chaleur dans la poitrine, et que la digestion des viandes se fait fort promptement dans l’estomac, en sorte que cette passion est utile pour la santé »

Friedrich Nietzsche, voit l’amour comme le générateur absolu de toute créativité…

La psychanalyse a avancé, depuis Sigmund Freud et Jacques Lacan, ses propres analyses de la passion et du désir… La psychologie évolutionniste s’est penchée sur les fonctions de la pulsion sexuelle et de l’« amour romantique », vues comme des émotions liées à la chimie de notre cerveau. Alors que tout un courant de la psychologie positive montre le rôle des relations d’amour et d’amitié sur le bien-être des individus. Et beaucoup d’autres théories qui ont valorisé l’amour mais ce qui nous intéresse dans cet article ce sont les philosophies qui dévalorisent ce phénomène.

Alors il s’agit de se demander, quelle est l’étymologie de l’amour ? Que pensais-je à ce propos ? Quel est le rapport établi entre l’amour et Eros en premier lieu ? Quel est le rapport établi entre l’amour et l’introspection en psychologie en deuxième lieu ? Et quel est la liaison entre l’amour et le mariage comme un moyen établi par la société ? Est-ce qu’on peut aujourd’hui parler d’un amour apprivoisé (modulé) pour des buts communs ?

1- L’étymologie de l’amour :

Commencer par définir l’amour passe obligatoirement d’abord de son étymologie. En fait, le mot « amour » n’est pas vraiment français. Son origine est bien latine : amor signifie « amour, affection » en latin. Pour autant, c’est par l’occitan des troubadours (appelé limousin ou provençal selon les contextes et époques) que le mot nous est parvenu tel quel : amor (prononcé « amour »), il s’agit d’un ancien prénom (latin Amor ou Amator), popularisé par saint Amour, compagnon de saint Maurice, martyrisé avec lui en 286. Mais le patronyme peut aussi venir d’Afrique du Nord, où c’est une variante du nom de personne Amar ( celui qui construit). On trouve aussi la forme Aït-Amour ( le fils d’Amour)

En réalité, l’origine étymologique du mot Amour nous amène à étudier la doctrine théologique à ce propos. En effet, les doctrines théologiques ont essayé de penser la nature de l’amour de Dieu, comme celles d’Augustin ou de Thomas D’Aquin, ou encore à la fameuse controverse théologique qui a opposé Fénelon et Bossuet autour de la question de savoir s’il pouvait exister un amour pur de Dieu (sans calcul de la part du croyant quant à la question d’une éventuelle récompense). C’est-à-dire, la doctrine théologique a relié l’amour comme un sentiment seulement à dieu. Aussi l’islam distingue entre deux types d’amours, l’amour ‘halal’ et l’amour ‘haram’.L’amour halal c’est celui qui est essentiellement pour allah (le dieu) ou pour des choses halal (une pomme par exp), l’amour haram c’est tout ce qui est hors l’amour de dieu (l’amour d’une fille par exp) qui –selon eux- engendra du mal.

L’amour peut être défini selon les dictionnaires comme un sentiment d’affection, d’attirance sentimentale et sexuelle entre deux personnes. Sentiment d’attachement, d’affection mutuelle entre amis ou membres d’une même famille. L’amour désigne un attachement envers un être vivant ou une chose qui pousse ceux qui le ressentent à rechercher une proximité physique, spirituelle ou même imaginaire avec l’objet de cet amour et à adopter un comportement particulier. Mais cette définition de l’amour est en réalité dépourvue de valeur car on n’a pas saisi son fonctionnement et son émergence. C’est une définition simple et facile du dictionnaire alors qu’on cherche à analyser l’amour d’une façon philosophique, c’est ce qui me pousse à annoncer ma thèse.

2- La thèse défendue :

Selon moi, L’amour est un attachement sexuel, c’est une adoration physique établie entre deux personnes et cet attachement engendre -après être rempli-un attachement sentimental s’agit essentiellement de ne pas abandonner l’autre. Donc, l’attachement sexuel est le plus dominant, c’est l’essence de l’amour et l’étincelle qui produira la flamme. Mais si l’attachement sentimental précède le sexuel, c’est que la personne est en train de vivre une introspection des standards érotiques et éthique. C’est ça la thèse que j’adopte et que je défendrai par la suite en l’expliquant.

Alors, dire que l’amour est un attachement, nécessite qu’on définisse la notion d’attachement qui a en fait deux sens, le premier c’est le sens positiviste qui est un sentiment d’affection, de sympathie ou vif intérêt qui lie fortement à quelqu’un, à un animal, à quelque chose…

Le deuxième, En psychologie, le sens d’attachement projette essentiellement « la théorie de l’attachement » qui est un champ de la psychologie traitant un aspect spécifique des relations entre êtres humains, elle est une théorie fondamentale à la psychologie d’enfant et est théorisée par J. Bowlby qui définit l’attachement comme « un équilibre entre les comportements d’attachement envers les figures parentales et les comportements d’exploration du milieu » (Bowlby J., Attachement et perte, Paris, PUF, 1978). En fait, les observations cliniques de J. Bowlby sur les conséquences d’une séparation d’avec la figure maternelle durant la petite enfance, l’ont conduit à réfuter la théorie de « l’étayage de la pulsion libidinale par la satisfaction orale » (L’allaitement maternel) élaborée par Freud pour reconsidérer la notion d’attachement à la mère, et parle « d’une pulsion d’attachement, indépendante de la pulsion orale et qui serait une pulsions primaire non sexuelle ». En psychologie, l’attachement de l’enfant à sa mère est considéré comme primordial à la croissance et à établir une forte personnalité.

On distingue entre quatre types d’attachement qui ont été conceptualisés, à partir des observations empiriques de M. Ainsworth. En effet, on trouve « L’attachement sécure » (C’est celui qui est favorisé par une figure d’attachement réceptive, sensible aux besoins de son enfant et utilisée par celui-ci comme base de sécurité pour explorer son environnement. Les enfants sécures recherchent le réconfort de leur figure d’attachement au moment de la séparation, protestent voire manifestent de la détresse, mais se calment facilement dès son retour), « L’attachement insécure évitant » (Au moment de la séparation, l’enfant insécure évitant ne se tourne pas vers sa figure d’attachement et tente de masquer sa détresse émotionnelle par un détachement face à la situation et un accrochage à l’environnement physique. Au retour de la figure d’attachement, il feint un comportement d’indifférence ou évite le contact avec elle en restant concentré davantage sur ses jouets), « L’attachement insécure ambivalent » (L’enfant insécure ambivalent proteste au moment de la séparation et ne peut être rassuré, ce qui rend difficile la possibilité d’explorer son environnement. Il n’est pas davantage apaisé au retour de sa figure d’attachement et adopte une attitude ambivalente vacillant entre recherche de contact et de résistance) et enfin « L’attachement désorganisé » (Dans ce style d’attachement, le jeune enfant présente des attitudes contradictoires, inconsistantes et souvent déroutantes. Ils pourront, par exemple, s’agripper à la figure d’attachement tout en détournant le regard ou pleurer à son départ sans vouloir s’en rapprocher). Alors on conclut que l’attachement a un fondement psychologique qui est relié essentiellement à l’enfant et sa mère. On peut ainsi utiliser la définition psychologique de l’attachement pour notre analyse mais en fait il est défini par ses composants qui sont la recherche de la proximité, la notion de base de sécurité, la notion de comportement refuge (c’est-à-dire le retour vers une figure d’attachement lorsqu’une menace est perçue) et les réactions marquées dans un contexte de séparation involontaire. Conséquemment, l’attachement est un sentiment de sécurité et du bonheur à la proximité d’une personne dont la séparation engendre des réactions d’angoisse extrême.

  1. A) Le rapport établi entre l’amour et Eros :

On passe ensuite à étudier la nature de cet attachement, la sexualité. En fait, il est clair tout d’abord que l’attachement sexuel fait partie d’Eros en psychologie c’est-à-dire Eros est le fondement voire le détenteur psychologique de l’adoration sexuelle, c’est ce qui nous amène à faire la distinction entre Eros et Thanatos. Mais nous amène également à définir les pulsions, Freud définit d’abord la pulsion comme «le représentant psychique d’une source continue d’excitation provenant de l’organisme», il donne ainsi un statut psychique à la pulsion par opposition à sa source conçue comme ; «le processus somatique…localisée dans un organe ou une partie du corps ». Il dit ensuite qu’une pulsion est en elle-même le processus somatique et elle se fait représenter par des représentants psychiques : le représentant/représentation et le quantum d’affect, il rajoute ; « Une pulsion ne peut jamais devenir objet de la conscience, seule le peut la représentation qui la représente. Mais, dans l’inconscience aussi, la pulsion ne peut être représentée que par la représentation. Si la pulsion n’était pas attachée à une représentation ou n’apparaissait pas sous forme d’affect, nous ne pourrions rien savoir d’elle ».

Sigmund Freud distingue entre deux grands types de pulsion dans «au-delà du principe de plaisir», celles de vie et celles de mort. Les pulsions de vie ont tendances à conserver les unités vitales de l’organisme mais aussi à constituer à partir de celles-ci des unités plus enveloppantes. Elles permettent à l’individu de maintenir son existence et au-delà, elles poussent à la reproduction de l’espèce et à la reproduction de la vie, Elles ont été assimilées à Eros, en tant que dieu de l’amour alors Eros est le désir amoureux, peut se sublimer. La pulsion de vie est, elle, instinctive. Chaque être vivant y est soumis inconsciemment. En revanche, Thanatos est un mot grec qui personnifie la mort. Il est utilisé par Freud pour symboliser la « Todestrieb », la pulsion de mort, corrélative de la pulsion de vie «Lebenstrieb», la pulsion de mort existe conjointement avec la force de reproduction. Alors on peut conclure que Freud distingue entre les pulsions de vie (Eros) et les pulsions de mort (Thanatos) qui sont toutes les deux contradictoires, L’amour comme un attachement sexuel fait partie des pulsions de vie, il a en fait un seul but qui est essentiellement la satisfaction.

Donc l’attachement sexuel au sein du couple est primordial pour le faire survivre, c’est une pulsion naturelle qu’on est attiré premièrement voire essentiellement au physique et comme je l’ai dit, si cet attachement est rempli c’est-à-dire qu’il cesse d’être d’un désir théorique, il a plutôt passé à l’acte, il produira ce que j’appelle l’attachement sentimental qui s’agit essentiellement de ne pas abandonner l’autre qui est en fin de compte la source du plaisir. Mais pourquoi on n’a pas dit ‘attachement émotionnel’ ? certains disent que ‘sentiment’ ou ‘émotion’ s’agissent de la même définition, Or il est incorrecte. En fait, Une émotion est une réaction physiologique, ne durant que 3 à 4 minutes maximum, permettant au corps de répondre de façon adaptée à un stimulus de l’environnement : le corps se met en tension, se mobilise énergétiquement pour agir ou fuir. L’émotion a une fonction bio-régulatrice, dès lors que la décharge de l’émotion permet au corps de revenir à son équilibre de base. En revanche, Un sentiment peut être une combinaison complexe parfois composée de diverses émotions ou de manifestations d’émotions refoulées, il s’agit d’une élaboration psychique, un sentiment peut persister en dehors de tout stimulus extérieur et pourrait perdurer des années s’il est entretenu. Ce qui nous intéresse dans ces deux définitions est essentiellement la durée. En réalité, et comme on a vu, l’émotion ne peut durer que des minutes car c’est une réaction face à un événement extérieur comme la peur en cas de danger, la colère face à l’irrespect, la joie suite à un évènement heureux…Or, le sentiment dure des années, Il imprime durablement l’émotion dans la mémoire et peut y rester bloquée comme le sentiment de jalousie ou de rejet…

Par conclusion, l’amour est un attachement sexuel à une personne, qui précède et fonde l’attachement sentimental à condition qu’il est rempli par des actes érotiques, et j’ai dit un attachement sentimental car il dure dans le temps alors dire qu’on est amoureux c’est dire qu’on a un attachement sexuel rempli avec un attachement sentimental s’agit essentiellement de ne pas abandonner l’autre au tant que source de plaisir et de satisfaction. Mais il s’agit de se demander ainsi, est ce qu’on peut qualifier un ‘attachement sentimental’ sans un attachement sexuel REMPLI, un amour ?

  1. B) Le rapport établi entre l’amour et l’introspection en psychologie :

Je l’ai annoncé dès le début dans la thèse défendue que si l’attachement sentimental précède le sexuel, c’est que la personne est en train de vivre une introspection des standards érotiques. J’explique, on a vu que l’attachement sexuel est primordial car il est de la nature humaine (Eros) alors l’existence d’un attachement sentimental sans une attraction sexuelle est mise en doute car l’Homme est sexualiste de nature comme l’a dit Freud. Donc dire qu’on est amoureux par une attraction sentimentale seulement c’est-à-dire soit par l’absence du désir sexuel, soit par le non établissement d’actes érotiques encore, nécessite une révision totale, c’est ce qui m’a poussé à considérer que fonder l’amour sur un attachement essentiellement sentimental est une illusion, c’est plutôt une introspection des standards érotiques.

Alors commençant par définir l’introspection passe obligatoirement de son antonyme qui est la projection. En Fait, Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis définissent la projection, dans son sens psychanalytique, comme une opération par laquelle le sujet expulse de soi et localise dans l’autre, personne ou chose, des qualités, des sentiments, des désirs, voire des objets, qu’il méconnaît ou refuse en lui. Il s’agit-là d’une défense d’origine très archaïque et qu’on retrouve à l’œuvre particulièrement dans la paranoïa mais aussi dans des modes de pensée “normaux” comme la superstition.

Dans la méta-psychanalyse, la projection constitue un élément dans la conception de la pulsion. Freud fait jouer un rôle essentiel à la projection, couplée avec l’introjection, dans la genèse de l’opposition sujet (moi)-objet. “…Le sujet prend dans son moi les objets qui se présentent à lui en tant qu’ils sont source de plaisir, il les introjecte et, d’autre part, il expulse de lui ce qui dans propre intérieur est occasion de déplaisir (mécanisme de la projection)”. Ce processus d’introjection et de projection s’exprime dans le langage de la pulsion orale, par l’opposition ingérer-rejeter. C’est là l’étape de ce que Freud a nommé le moi-plaisir-purifié. Il faut préciser que Roger Perron distingue ici entre la projection ‘normale’ et la projection pathologique, La projection normale est décrite par Freud dans « Totem et Tabou », et elle est constitutive de la perception elle-même et de la construction du réel. La projection pathologique, mentionnée à plusieurs reprises dans « Pulsions et Destins des pulsions », se déroule quand le processus s’emballe et aboutit à une construction du réel si distordue que le fonctionnement psychique devient phobique ou paranoïaque. Par conclusion, la projection est une transposition sur autrui d’un mouvement psychique. En fait, une personne en proie à des pulsions, des pensées, des désirs qu’elle ne peut reconnaître pour siens utilise un mécanisme de défense essentiellement imaginaire, elle les déplace sur autrui. C’est ce que la psychanalyse nomme projection. Il s’agit de l’une de nos réactions archaïques, présentes dès les premiers stades du développement, que le moi ensuite intègre et met en œuvre pour se protéger.

L’amour n’est qu’une introspection (la personne absorbe des images parfaites) des standards érotiques, c’est-à-dire que la personne ne vit pas l’amour comme on l’a défini (un attachement sexuel rempli qui engendre par la suite un attachement sentimental) mais plutôt il vit l’illusion d’une introspection faite par lui sur lui-même après être influencée par les standards érotiques et éthiques. Les standards érotiques veulent dire un idéal conforme à des normes précises. J’explique, les standards érotiques sont tout ce qui est en rapport avec un idéal ou une norme à laquelle on doit être soumis, c’est un mode qu’on est obligé à suivre. On vit aujourd’hui le règne absolu de la technologie, tout ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, on essaye à le réaliser, même s’il est faux et illogique. La perfection d’Eros sur les réseaux sociaux nous rend plus en plus modulables, elle est en train d’arracher l’instinct d’Eros ou plutôt le contrôler voire changer son essence vers une banalisation totale. Par exemple, on trouve souvent dans les réseaux sociaux, un essai de définir l’amour tantôt par des définitions écrites, tantôt par des symboles (une image par exp…). L’image célèbre d’un cœur qui définit implicitement que l’amour est essentiellement sentimental, l’image d’un ‘mec’ qui prend la main de sa copine, la définition de l’amour qui est reliée essentiellement au sentiment… Aucune définition ou image n’a montré le coté sexuel de l’amour. Ceux sont des standards érotiques qui arrachent toute la sexualité de l’amour, la personne ainsi se trouve dans le cas d’une introspection où il se croit amoureux parce qu’il applique ces définitions et ces images (model). Donc selon la définition d’une introspection, la personne ainsi est entrain de reconnaître des pensées et des idées sociales ou communes à lui-même. Mais reste l’image la plus célèbre ou plutôt le model fameux de l’amour chez l’orient est le mariage où vous êtes obligé d’aimer avant d’établir un rapport sexuel. C’est-à-dire il est obligatoire d’avoir un attachement sentimental avant d’avoir un attachement sexuel qui se réalisera après le mariage (c’est le principe du mariage, je ne parle pas des exceptions tels que prendre le mariage comme un moyen pour établir le sexe). C’est ce qui nous pousse à analyser l’historicité du mariage comme un élément social primordial qui a pour but d’arracher la sexualité avant d’analyser les différentes manifestations de la domination sociale et politique d’Eros.

  1. C) L’historicité du mariage comme un moyen restreignant Eros :

En lisant les livres de Michel Foucault et précisément « l’histoire de la sexualité », on constate que le mariage a une historicité étendue. En effet, les grecques considèrent le mariage comme un outil de contrôle masculin, ceci peut être dû au fait que la société grecque était masculine, alors le mariage est l’image parfaite qui annonce la capacité masculine de dominer et contrôler, qui est aussi reliée à l’idée d’auto contrôle c’est-à-dire la capacité de contrôler soi-même, diriger l’autre est conditionné de diriger soi-même, ce qui en vérité nécessite la sagesse comme l’interdiction d’établir un rapport sexuel hors mariage. Cet exemple de la sagesse n’est pas la preuve des devoirs conjugaux mais c’est dû aux traditions de la société grecque, alors la sagesse est une nécessité sociale et éthique, une nécessité pour une bonne reproduction et surtout, une image qui exprime le ‘serrage’ du contrôle de l’autre par le contrôle de soi-même. Michel Foucault part des manifestations de l’expurgation de soi pour étudier les manifestations nouvelles de l’éthique du désir en se concentrant aux changements en pratique conjugale. En fait, il annonce que le mariage n’est plus restreint dans le domaine privé, il a dépassé ceci vers le domaine public (social), il est devenu l’un des attributions étatiques voire qu’il est devenu un contrat qui réunit deux personnes et non une procédure pour la distribution de la richesse ou la conservation des intérêts de certaines catégories. Par conclusion, le mariage est considéré comme un style nouveau d’introspection, non par l’isolement et la solitude mais par une réunification établie avec l’autre.

Or la période romaine a constaté un changement énorme en ce qui concerne l’image de la vie conjugale. En effet, malgré la valeur de la reproduction et la gestion des devoirs familiaux, la valeur primordiale a été attribuée à la relation personnelle entre le couple. Alors Le comportement familial n’est plus une technique de contrôle ou de domination, il est considéré comme une stylistique du bien individuel, donc le principe de la sagesse va être relié avec les fonctions d’échange entre conjoints, ce qui nous permet de dire que le contrôle de soi-même s’émerge des devoirs envers les autres, précisément du respect de la femme. Donc Michel Foucault a précisé les caractéristiques nouvelles du comportement conjugal qui sont le principe monopolistique (c’est l’interdiction des rapports sexuels hors mariage), la déshédonisation (veut dire que les rapports conjugaux ne doivent pas être fondés sur le désir) et l’intérêt procréateur (l’intérêt essentiel du mariage est la reproduction). (Pour mieux comprendre ces caractéristiques, voir « l’histoire de la sexualité » de Michel Foucault).

Selon Epictète l’Homme est un être de raison voire social, alors la nature de son acte sexuel doit essentiellement être inscrite dans le cadre d’une relation conjugale pour reproduire une progéniture ‘légitime’, donc l’acte sexuel, le rapport conjugal, la progéniture, la famille et la cité sont tous une série d’éléments interconnectés pour la réalisation de l’existence humaine en tant qu’existence raisonnable. Donc le mariage est considéré comme le cadre ultime pour la réalisation de l’acte sexuel, c’est ce qui l’a poussé à valoriser l’honnêteté et la vertu. Dans son livre « les Economiques », Aristote a incité le mari à prendre soins de sa femme car elle deviendra la mère de ses enfants et de conserver son honneur. Dans le même cadre, Plutarque a incité le mari à ne pas établir des rapports sexuels hors mariage car il touche la société elle-même…

On conclut que le mariage est un lien de tendresse et de respect mutuel pour deux grands buts qui sont la reproduction et une éthique précise caractérisant la vie conjugale.

Dire que le but du mariage est la reproduction veut dire que les rapports sexuels ne sont pas un moyen de plaisir mais ce sont un moyen de multiplication de la race humaine, alors les rapports sexuels ont un seul but qui est la progéniture donc chaque rapport sexuel hors ce but est considéré comme illégal et illégitime, c’est ce que nous trouvons chez l’école pythagoricienne. Et dire que le mariage a un but éthique veut dire qu’il doit être basé sur une vie qui se caractérise par le respect mutuel mais aussi de l’austérité des rapports sexuels car le mari doit respecter sa femme et reconnaître sa dignité humaine, c’est ce qui a été théorisé par le stoïcisme.

Alors on conclut à la fin de cette analyse visant l’historicité du mariage que ce dernier a une valeur sociale en regardant la convenance entre le couple mais ce qui nous intéresse ici en rapport avec Eros que le mariage comme une valeur sociale encadré par des juridictions éthiques et même juridiques, est le cadre qui restreigne le plaisir et le désir. En fait, la restriction du plaisir en un seul cadre qui est le mariage vise essentiellement à maitriser et dominer soi-même, ce qui est –en vérité- imposée (la restriction) par le pouvoir dans la cité. Alors il faut se demander ainsi, quel est le rapport actuel entre Eros et le pouvoir ? Est ce qu’on peut parler d’un Eros modulé ? D’une manière technique, et selon ma thèse défendue, est ce qu’on peut actuellement parler d’un amour apprivoisé ?

  1. D) L’amour apprivoisé (Eros contrôlé et modulé) :

On ne peut pas étudier l’apprivoisement d’Eros au sein de la société moderne sans se faire référer aux trois grands philosophes, commençant par Sigmund Freud, allant vers la philosophie de Herbert Marcuse et finissant avec Michel Foucault une autre fois avec la microphysique du pouvoir.

Dans son livre intitulé « Malaise dans la civilisation », Sigmund Freud affirme que la culture se construit sur le renoncement pulsionnel. Il la définit plus précisément comme « la somme totale des réalisations et dispositifs par lesquels notre vie s’éloigne de celle de nos ancêtres animaux et qui servent à deux fins : la protection de l’homme contre la nature et la réglementation des hommes entre eux », Le fondement de la civilisation réside dans la nécessité de restreindre la liberté individuelle pour permettre la vie en commun. Cette nécessité est assurée tant au niveau de l’individu, par le père et par le Surmoi (la structure morale du psychisme), qu’au niveau collectif, grâce à la culture, dont la fonction est de pousser l’individu à faire passer l’intérêt collectif avant son intérêt individuel. En fait, selon Freud, la psyché se compose de trois parties, le ça, le moi et le surmoi. Chez Freud, le moi correspond à la partie défensive de notre personnalité, il est considéré comme la partie la plus consciente. Il tente grâce à un rôle de médiateur de répondre aux intérêts respectifs du ça, du surmoi et du monde extérieur afin de trouver un certain équilibre. Le Moi est une « pauvre créature, devant servir deux maîtres». En effet, le moi doit supporter la menace provenant du monde extérieur, du ça et du surmoi. Le ça est le ‘lieu’ d’où proviennent les pulsions, il répond principalement au domaine de l’instinctif et de l’inconscient. De plus, le ça, dans son livre « l’interprétation des rêves » notamment, ne connaît aucune règle, ni de temps ni d’espace, ni d’interdit, il est seulement régi par sa libido, c’est à dire l’énergie psychique souvent liée à la sexualité ou à l’agressivité, dans le but final d’atteindre le plaisir immédiat d’où Freud dit en décrivant le ça “C’est la partie la plus obscure, la plus impénétrable de notre personnalité. Lieu de Chaos, marmite pleine d’émotions bouillonnantes. Il s’emplit d’énergie, à partir des pulsions, mais sans témoigner d’aucune organisation, d’aucune volonté générale, il tend seulement à satisfaire les besoins pulsionnels, en se conformant au principe de plaisir. Le ça ne connaît et ne supporte pas la contradiction. On y trouve aucun signe d’écoulement du temps”. Enfin, le surmoi représente l’agent critique, l’intériorisation des interdits et les exigences parentales, sociales et culturelles, une puissance interdictrice dont le Moi est obligé de tenir compte. L’être humain subit, en effet, durant son enfance, une longue dépendance qu’exprime le Surmoi. Le surmoi est cette voix en nous qui dit “il ne faut pas”, une sorte de loi morale qui agit sur nous sans comprendre son origine. Mais en fait, le rapport d’Eros avec la civilisation passe d’une notion essentielle qui est la ‘Répression’. Cette dernière est défini dans le dictionnaire comme une action de réprimer, de punir : La répression d’une insurrection. Action d’exercer des contraintes graves, des violences sur quelqu’un ou un groupe afin d’empêcher le développement d’un désordre. La répression est beaucoup liée au domaine politique mais aussi on la trouve chez Freud après avoir métaphorisé des notions (lire JEAN LAPLANCHE, « Dérivation des entités psychanalytiques »), donc la répression chez Freud veut dire en un sens large l’opération psychique qui tend à faire disparaître de la conscience un contenu déplaisant ou inopportun : idée, affect, etc. En ce sens, le refoulement serait un mode particulier de répression. En un sens plus étroit, désigne certaines opérations différentes du refoulement, Soit par le caractère conscient de l’opération et le fait que le contenu réprimé devient simplement préconscient et non pas inconscient, soit, dans le cas de la répression d’un affect, parce que celui-ci n’est pas transposé dans l’inconscient mais inhibé, voire supprimé. Mais ce qui nous intéresse ici c’est la répression de la sexualité faite par la civilisation. En effet, en développant ses vues sur la civilisation, Freud en passe par une dénonciation explicite de la répression de la sexualité, répression source de malaise, de névrose, « C’est en matière de sexualité que la civilisation, l’éducation ont causé le plus grand dommage » (” De la psychothérapie “). La civilisation menace l’amour de « douloureuses limitations » car elle s’est construite sur la répression des pulsions. La sexualité ne peut s’exprimer qu’à travers un cadre autorisé, le seul « ordre social Bourgeois ». L’hétérosexualité et la monogamie sont les règles, ce qui s’oppose à la constitution pulsionnelle qui se caractérise en fait d’une multiplicité des buts et objets sexuels. Dans ses textes, Freud relit clairement la répression sexuelle à l’éclosion des névroses, il repère notamment le rôle joué par la religion dans cette répression. «Il s’agit de retarder le développement sexuel, et hâter l’influence religieuse ». Ce sont les deux points principaux de la pédagogie aujourd’hui (” L’avenir d’une illusion”).

Herbert Marcuse (Freudo-marxiste) a poussé le raisonnement Freudien vers une sur-répression. En effet, dans son livre « Eros et civilisation », Marcuse a ré-analysé la théorie Freudienne en concluant ‘la nature historique des pulsions’, c’est-à-dire qu’il est indispensable d’analyser les pulsions non comme des pulsions rigides et statiques, mais comme des pulsions historiquement acquises. Alors Marcuse va analyser la répression en prenant en considération qu’il y a un écart en ce qui concerne le degré d’exclusion de la satisfaction pulsionnelle et les sacrifices selon la différence des cultures. La répression a donc une origine historique et pour établir la preuve, Marcuse a référé à une analyse freudienne en ce qui concerne l’origine de la civilisation et la cellule primitive. En fait, dans son livre « Totem et Tabou », et pour étudier l’origine de la vie commune, Freud a annoncé une donnée Darwinienne qui prouve que les êtres humains ont été en début dans des petits groupes qui ont chacun un ‘leader’ et qui monopolise le plaisir sexuel et imposent aux fils le travail donc ces derniers vont haïr leur père qui est considéré comme un obstacle vers le plaisir et cette haine a causé la mort de ce père. Mais cette Parricide (meurtre du père) a engendré une sensation de culpabilité et par conséquent un regret extrême, les fils ainsi vont réaliser qu’avec leur meurtre, ils ont commis un crime vis-à-vis le groupe donc pour la pénitence de leur faute, ils vont adopter et introjecter les interdictions parentales, la tyrannie et la domination du père vont continuer en se transformant vers une autocontrainte donc d’un mot technique, la répression du père va être refoulée et acceptée. Marcuse a divisé l’historicité de la répression en trois phases, la phase dominante du père, la phase matrilinéaire qui se caractérise d’une libération partielle et la phase dernière est un retour vers la dominance patrilinéaire (l’institution religieuse)…

La civilisation selon Marcuse s’est construite sur la répression des pulsions du fait de la nécessité du travail engendrée par la pénurie. Au cours de ce développement, la domination a pris la place de la lutte pour la survie et a substitué le principe de rendement au principe de réalité. La fonction du principe de rendement consiste à maintenir et à renforcer la domination au niveau de l’organisation des pulsions. Mais cette organisation suscite un affaiblissement des pulsions sexuelles et renforce les pulsions destructrices, ce qui constitue une menace pour la survie de l’humanité. Les formes de libération partielles, développées dans le cadre de la domination constituent une désublimation répressive qui renforce la domination et libère en même temps les pulsions agressives. S’appuyant sur la théorie freudienne du noyau biologique des pulsions sexuelles et des pulsions agressives, Marcuse envisage une société débarrassée des nécessités du travail aliéné et du principe de rendement, et fondée sur le libre jeu des pulsions érotiques qui possèderaient la “formule” de leur autorégulation. Pour résumer, Marcuse voit qu’il y a une dominance contre l’Homme et ses pulsions. En fait, la société organise la sexualité d’une manière sur répressive qui se caractérise par la centralisation et la récession dans l’espace et dans le temps, comme l’exclusion des pulsions partielles hors la reproduction, le défigurement de la satisfaction par changer son essence et surtout la privation d’érotisme et le surmonter vers le travail dur donc ‘le principe de la productivité’ a renversé ‘le principe du plaisir’. Donc dire que la civilisation occidentale se caractérise par la sexualité libérée est une illusion ou comme l’a dit Marcuse « c’est une fausse liberté », en fait, ce qui se passe est ‘une désublimation répressive’. On dit que c’est une désublimation car la sublimation elle-même a perdu son autonomie qui présente une caractéristique voire que la libération d’Eros est une opération ridicule car il y a également une différence entre établir un rapport sexuel sur une pelouse et l’établir dans une voiture. L’endroit qui se caractérise d’un aspect érogène participe à faire respirer le Libido qui réagit par la sublimation des endroits érogènes directs, ce qui permet d’avoir une sublimation non répressive. Or l’endroit mécanisé empêche l’auto sublimation du Libido.

Nous savons dans la philosophie moderne que le Cogito penseur est surmonté vers le Cogito ‘corporel’ d’où le corps est devenu le système symbolique de ce monde, un cogito orateur alors il s’agit de se demander, comment les sciences humaines dessinent l’Homme ?

Michel Foucault constate que le pouvoir produit le savoir, c’est-à-dire, l’existence du savoir produit en même temps des relations de pouvoir. C’est pourquoi les sciences humaines ont connu un rôle politique voire qu’elles présentent un moyen nouvel en ce qui concerne la dominance et la surveillance de ‘soi’. En fait, Albert Camus a erroné quand il a annoncé avec une joie énorme, dans son livre « L’Homme révolté », qu’il y a une augmentation d’Humain dans les sociétés moderne, Or s’intéresser à l’Homme ne vise pas la révolte, il vise plutôt à paralyser toute action visant à se révolter. Alors Foucault a eu recours à une méthode archéologique pour dégager l’essence des discours, ainsi, l’archéologie n’est pas l’historicité des idées mais plutôt l’épistémologie des idées c’est-à-dire l’étude du système du discours d’où il dit ‘L’archéologie est une machine, sans doute, mais pourquoi miraculeuse ? Une machine critique, une machine qui remet en question certaines relations de pouvoir, une machine qui a, ou du moins devrait avoir, une fonction libératrice. Dans la mesure où nous en venons à attribuer à la poésie une fonction libératrice, je dirais non que l’archéologie est, mais que j’aimerais qu’elle fût poétique…’. Une archéologie, une prison, une clinique, des stratégies, une technologie politique pour le corps… tous ces concepts de Foucault sont attachés tantôt au savoir, tantôt au pouvoir mais attachés tout le temps au corps.

En lisant les livres de Foucault, commençant par « les mots et les choses », « Histoire de la folie » allant vers «Naissance de la clinique » et finissant par « Surveiller et Punir », On constate que Foucault vise à mesurer les changements historiques. C’est un projet visant à analyser ‘les méthodes’ et leur neutralité, à étudier les idées c’est-à-dire le vrai sens derrière la métaphore, Foucault chassait le META pour arriver à comprendre tout ce qui est caché derrière tout un système.

Dans son livre « Surveiller et Punir », Foucault étudie les investissements politiques qui s’intéressent au corps humain. Il remarque que le corps est un objet d’étude en démographie, la médecine… mais aussi en domaine politique pour l’exploitation économique. En fait, le corps comme une puissance productive, nécessite pour réaliser le but économique, un système servile, par des différentes manières comme l’idéologie et la force. Soumettre le corps par l’idéologie veut dire l’influencer et le contrôler avec un système intellectuel, théorique et axiologique. Mais soumettre le corps par la force veut dire premièrement et pour clarifier qu’il ne s’agit pas d’une force concrète, il s’agit plutôt d’une force symbolique qui s’applique directement à la physiologie sans aucune arme ou des bâtons, C’est la technologie politique dont Michel Foucault l’a appelé « La microphysique du pouvoir », car en effet, l’assujettissement du corps ne se fait pas par une institution spécialisée, mais plutôt des cellules et des petits cercles anonymes qu’on n’arrive pas à démembrer. Selon Foucault, on vit aujourd’hui, ce qu’il appelle « la modestie judiciaire Utopique ». En fait, la société moderne veut arracher la vie sans causer du mal, elle a eu recours par exemple à la psychopharmacologie. Alors en fin de compte, la société vise le corps par viser l’âme (soi) avec l’assistance des psychologues, les éducateurs, les sociologues…le psychologue a remplacé le bourreau mais aucune arme utilisée sauf l’arme de la parole, tous les deux (le psychologue et le bourreau) ont le même but qui est obtenir une confession, le bourreau pousse le corps à avouer tandis que le psychologue pousse l’âme à cet objectif. C’est-à-dire tous les deux ont la même finalité qui s’agit essentiellement de faire réintégrer et moduler le corps révolté dans la société pour « l’investissement économique ». (Remarque : l’analyse de Michel Foucault est plus énorme que nous l’avons mentionné ci-dessus alors pour mieux approfondir, je vous conseils de lire « l’archéologie du savoir » et « surveiller et punir »).

Conclusion :

On conclut à la fin que dire qu’on est amoureux nécessite une connaissance et une conscience car comme nous l’avons vu. L’amour se caractérise d’une complexité énorme en ce qui concerne son étymologie, son fondement selon ma thèse, son rapport avec Eros qui présente la pulsion de vie, son rapport avec l’introspection en psychanalyse, le mariage comme un moyen restreignant Eros et on a terminé avec la partie la plus importante qui présente une analyse profonde de la société moderne et la civilisation en général qui est l’Eros apprivoisé, c’est-à-dire les manifestations du contrôle, du pouvoir et de la modulation des pulsions. Et c’est grâce à Sigmund Freud, Herbert Marcuse et ce célèbre Michel Foucault avec sa méthode archéologique, qu’on a arrivé à comprendre le fonctionnement de la société moderne en ce qui concerne le corps comme une puissance productive en arrachant toute action révolutionnaire vise à libérer le corps et ses besoins.

L’article présente une étude analytique caractérisée d’un aspect ontologique voire un aspect axiologique qui visent à démembrer les valeurs de la société moderne et les mettre en questionnement après étudier les manifestations nouvelles de Soi.

Les références :

Les livres :

  1. Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation
  2. Sigmund Freud, Totem et Tabou
  3. Sigmund Freud, L’avenir d’une illusion
  4. Herbert Marcuse, Eros et civilisation
  5. Michel Foucault, Surveiller et punir
  6. Michel Foucault, l’archéologie du savoir
  7. Michel Foucault, la naissance de la clinique
  8. Michel Foucault, l’histoire de la sexualité
  9. حسين موسى؛ ميشال فوكو – الفرد والمجتمع
  10. محمد الجوة؛ مفهوم القمع عند فرويد و ماركوز
  11. صابر بوزايدة؛ الإنسان وعي أم جسد ؟…

Hassan Dhifallah, étudiant en première année Licence Fondamentale en Droit.

Advertisements